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Préambule



Aux origines d'une éducation à l'image et aux médias



A partir des années 70-80, face à la montée en puissance de la télévision et de l'information télévisée en particulier, l'éducation à l'audiovisuel, aux médias, aux images et à la télévision a très tôt cherché à produire des outils, des formations, des recherches pour répondre à ces nouveaux enjeux citoyens, que ce soit dans la mouvance d'une éducation populaire, ou dans des structures institutionnelles ouvertes aux méthodes d'éducation active.

Riche d'une histoire commencée dès 1966 avec l'Icav de Bordeaux, (*11) le collège expérimental de Marly Le Roy en 1967, l'opération interministérielle JTA (Jeune téléspectateur actif) en 1979, le Clemi fondé en 1982, Vidéo-collège en 1985, APTE (Audiovisuel Pour Tous en Education) 1986, Les pieds dans le Paf, 1988, etc., elle s'est poursuivie par le biais d'une multitude de structures et d'approches comme Acrimed, L'archipel des lucioles, Ciclic, Lycéens au cinéma...

Dans cette fin de 20 ème siècle les formations à l'image et à l'audiovisuel étaient traitées à partir de multiples entrées : comme par exemple l'analyse du contenu (langage, idéologie, culture..), par la sociologie des publics récepteurs, celle des journalistes, par l'économie des médias et leurs rapports aux industries culturelles, par la technologie (initiation aux outils, au tournage, au montage)... par leur finalité, par leur visée idéologique ou politique, etc.

A partir de la définition proposée par l'UNESCO pour l'Education aux médias (*12) nous avions, selon les visées pédagogiques recherchées, mis en référence les différentes filiations théoriques correspondantes. le tableau est ici ->

Il apparaît toutefois qu'au delà du bien fondé de ces diverses approches, l'importance déterminante des formes est restée sous-estimée au profit d'analyses et critiques portant davantage sur les contenus. Sans doute nos habitudes de consommation des flux télévisuels nous ont fait oublier que ce sont elles qui participent en premier lieu au formatage de la réception, et cela d'autant plus que celles-ci sont la plupart du temps masquées ou devenues tellement familières qu'on ne les remarque même plus.

Oublier cet aspect, qui devrait se situer en amont de toute démarche analytique, c’est d'une certaine façon considérer que les formes seraient des données immanentes, ”naturelles” qui appartiendraient aux acquis que les humains auraient élaborés entre eux, au fil de l'histoire, pour tisser leur relations sociales au moyen de techniques et de technologies naturellement adaptées, alors que, selon nous, elles constituent le premier des formatages de la pensée.

Dans les formations qui se réclament d'une approche critique des médias, cet oubli ou cette méconnaissance, peut même conduire à l'illusion qu'un contre-discours est possible sur des bases semblables alors que, de fait, il reproduit et entretient toutes les formes aliénantes de la domination.

Nous allons, donc, nous intéresser ici aux formes et aux mises en forme des images et des sons.





Notes #1

(*11) CHAPELAIN Brigitte, Deux expériences scolaires de formation à l'audiovisuel : ICAV et JTA, revue Hermès n°48, 2007
(*12) BALZAGETTE Cary, BEVORT Evelyne, SAVINO Josiane, L'éducation aux médias dans le monde, Clemi Unesco, 1992)